HISTORIQUE DE L'ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE « LES MARRONNIERS »
À ROLLE DEPUIS 1824
L'histoire de la communauté évangélique « Les Marronniers » doit être prise dans le contexte du Protestantisme européen dans son ensemble.
En 1519, la Réforme de Martin Luther, Zwingli, Calvin avait remis en évidence les vérités évangéliques relatives au salut des hommes.
Cette réforme s'était opérée par régions, cantons ou pays entiers, elle n'était pas toujours une affaire individuelle. Avec les années et l'influence des philosophes du siècle des lumières, la vision chrétienne s'était estompée, un certain déisme s'était établi et concrétisé par la Révolution française.
Dès le XVIIIe siècle, des mouvements de Réveil étaient nés en Angleterre et en Allemagne, le Méthodisme et les frères Moraves.
Après la Révolution française et les guerres Napoléoniennes, ces mouvements atteignirent la France et la Suisse. Genève tout d'abord, le Pays de Vaud et toute la Suisse en subissaient l'influence. Ces mouvements ne visaient pas la création de nouvelles Eglises, mais plutôt leur revitalisation et le retour aux lumières de la Réforme.
Dans le Canton de Vaud, le doyen Curtat de la Faculté de théologie, touché par ce vent nouveau, influença fortement certains de ses élèves. Ceux-ci propagèrent cet enseignement dans les paroisses où ils étaient envoyés comme pasteurs suffragants, toujours avec l'idée de réveiller leur Eglise plutôt que de créer un schisme !
Le mouvement prit de l'ampleur et le synode s'alarma en 1824, le Conseil d'Etat intervint et interdit toutes réunions religieuses en dehors des Eglises officielles protestantes ou catholiques.
Cette interdiction donna le déclic de la séparation.
Des groupes ou Conventicules comme on les appelait se constituèrent à bien des endroits, quelques jeunes pasteurs furent destitués, certains quittèrent de leur propre chef leur paroisse, comme le pasteur Auguste Rochat de Bière par sympathie pour ses collègues destitués.
En 1824, il vint s'établir à Rolle où il avait de la parenté et où il trouva un groupe de quatre ou cinq personnes qui l'accueillirent et en firent leur guide spirituel.
Rochat, comme ses collègues, ne désirait pas créer de troubles et veillait à toujours agender ses rencontres à une heure différente de celles des cultes officiels.
Ces rencontres avaient lieu chez des particuliers et la population ne les toléraient pas facilement. Finalement, cette jeune assemblée s'établit à la place de la Harpe dans un local approprié. Une nouvelle communauté était née.
Ce mouvement prenait du corps, augmentait en nombre et comptait parmi ses membres des familles en vue de la région, par exemple la famille Eynard de Fleur d'Eau. On était toujours dans l'illégalité, mais tolérés, quand même pour autant que cela ne crée pas de troubles.
En 1832, quelques membres de la Communauté créèrent une école pour les petits enfants non scolarisés dans le but de soulager les mamans en gardant leurs enfants, leur donnant un enseignement préscolaire et biblique en même temps. Dix ans plus tard, cette œuvre avait trouvé sa place dans le contexte rollois, mais ne trouvait pas de locaux suffisants pour ses 60 à 70 enfants !
Grâce au concours de M. Eynard, une maison fut construite aux Petites Buttes et permit à cette école de continuer jusque vers 1920 !
A cette époque, les propriétaires, descendants de la famille Eynard, vendirent le bâtiment à la communauté évangélique qui prit le nom d'Eglise « Les Marronniers » à cause des deux gros marronniers situés dans son jardin !
Le pasteur Rochat décédait en 1847 et la communauté s'autogérait aussi bien que possible en Eglise congrégationaliste, comme plusieurs Eglises sœurs dans toutes les parties du Canton de Vaud. Les anciens pasteurs n'étaient finalement plus là et le déroulement du culte dans sa totalité fut assumée par des laïques.
Ce système dura jusque vers 1980 pour se structurer davantage avec une fonction pastorale assistée d'un collège d'anciens.
Aujourd'hui l'Eglise évangélique « Les Marronniers » fait partie de la Fédération Romande d'Eglises Evangéliques (FREE). La FREE est constituée d'une cinquantaine d'Eglises et dispose d'un secrétariat général à St-Prex.
Nos pasteurs peuvent avoir suivi une formation universitaire ou d'Ecole biblique.
Nous entretenons de bonnes relations avec les Eglises catholiques et protestantes de la région.